Longs-métrages documentaires – L’art de l’immersion
« Filmer un documentaire, c’est comme danser avec le réel : il faut savoir suivre le mouvement sans imposer le sien. »
Le long-métrage documentaire est le genre où j’ai le plus d’expérience, alliant discrétion, proximité émotionnelle et maîtrise technique. Mon approche ? M’effacer pour mieux révéler :
- Utilisation systématique de stabilisateurs (Zhiyun Crane 3S, DJI RS3 Mini) pour des mouvements fluides, presque organiques, qui épousent la grâce naturelle des sujets.
- Un tournage sobre et précis : pas d’artifice, juste une présence attentive pour capturer l’authenticité des instants.
Exemple phare : AlternaSuisse (2019, 79’ et 52’)
Co-réalisé et co-produit avec l’association Lampad-r, ce documentaire explore les alternatives sociales et écologiques en Suisse. Récompensé pour sa photographie (Best Cinematography, Arte is Alive, New York) et son scénario (Best Screenplay, Arte Non Stop, Buenos Aires), le film est le fruit d’un tournage immersif, où chaque plan respire la confiance établie avec les protagonistes.
Séries documentaires – La puissance des regards croisés
« Une série documentaire, c’est comme un puzzle : chaque épisode apporte une pièce nouvelle, et c’est l’assemblage qui révèle le tableau. »
j’aborde les séries documentaires comme une exploration collective, où les points de vue divergents enrichissent le récit. Mon objectif ? Donner la parole sans la filtrer, en laissant émerger les contradictions et les nuances.
Exemple phare : Grève de la faim contre les écocides (2023, 4×21’)
Produite avec Doc’It Yourself , cette série suit des militants engagés dans des luttes environnementales à travers une grève de la faim.
Primée dans 9 festivals internationaux (dont le Catalyst Content Festival et le Paris Film Awards), elle se distingue par :
- Des plans-séquences de 2 à 5 minutes pour chaque épisode, sans coupe, afin de plonger le spectateur dans l’instant pur, sans médiation.
- Un travail collectif : l’équipe de Doc’It Yourself co-construit le récit avec les protagonistes, garantissant une authenticité radicale.
« Avec Grève de la faim, nous voulions montrer que la révolte se vit au pluriel. Chaque épisode est un fragment de vérité, pas une réponse toute faite. »
Portraits – L’intimité comme langage
« Un portrait, c’est une porte entrouverte sur l’univers intérieur de quelqu’un. Parfois, il faut pousser les murs du cadre pour y entrer. »
Je transforme le portrait en une expérience sensorielle, où la frontière entre le réel et l’onirique s’estompe.
Le plus important est de mettre en confiance les sujets pour capturer leur essence, sans fard ni pose. Mes portraits sont des hommages en mouvement, où la lumière, le cadrage et le son servent une seule ambition : révéler l’humain. Créer un dialogue visuel entre le sujet et son monde intérieur, sans jamais trahir son authenticité.
Exemple phare : Portrait de l’artiste Marie Morgane Adatte (2024, 4’)
Commandé par la ville de Neuchâtel, ce court-métrage est une ode à la création, où Marie Morgane évolue littéralement dans son propre univers. J’ai donc :
- Incrusté ses dessins et sculptures dans les images tournées, pour qu’elle se balade dans son monde imaginaire, comme une métaphore visuelle de son processus créatif.
- Éliminé toute parole : seule une ambiance sonore (bruits d’atelier, souffles, textures) accompagne les images, laissant toute la place à la poésie de son art.
« Avec Marie Morgane, je voulais que le spectateur ressente son art avant de le comprendre. Les incrustations étaient une façon de dire : « Voilà, entrez dans sa tête – ici, tout est possible. » »
Fiction – Jouer avec les ombres et les possibles
« La fiction, c’est le lieu où je peux mentir pour dire vrai – où la lumière, les couleurs et les rythmes deviennent des personnages à part entière. »
Dans la fiction, j’aime jouer avec des univers visuels audacieux, où chaque plan est pensé pour créer une ambiance, une émotion pure. J’aime particulièrement :
- Jouer avec les contrastes (jour/nuit, ombre/lumière), comme dans mon court-métrage Le jour me nuit (2020) ou des plans identiques du jour et de la nuit s’entrelacent.
- Maîtriser les effets spéciaux et les tournages en fond vert, acquis lors de projets collaboratifs comme Train Station (long-métrage primé dans 4 festivals).
Exemple phare : Le jour me nuit (2020, court-métrage)
Réalisé pour le festival Courgemétrage, ce film explore la dualité à travers des jeux de lumière et une photographie contrastée. Il illustre sa capacité à créer des atmosphères envoûtantes, où chaque détail visuel sert l’histoire.
« En fiction, je me permets de rêver le réel. Que ce soit avec des effets spéciaux ou un simple clair-obscur, l’important est de faire ressentir avant de faire comprendre. »
